Je revendique la critique sociale implicite, car elle est depuis toujours
liée au roman noir. Le noir nous parle des classes inférieures.
Il est la véritable tragédie de la classe ouvrière. »
[…] « C’est quelque chose de central [dans Un pays à
l’aube] : tous ces personnages qui se révoltent ne sont pas des
terroristes, mais des dissidents. » Dissidents : voilà selon [Lehane]
le terme le mieux approprié pour défi nir la juste position de
l’écrivain. « Notre fonction de romanciers du noir, ou de
romanciers tout court, est de poser les questions qui dérangent, à
droite comme à gauche. »
Alain Léauthier, Marianne
Le roman noir s’apparente parfois à
une archéologie du chaos. À défaut d’expliquer
le désastre du monde, il creuse pour tenter de repérer
le moment où cela a commencé à se dérégler,
à mal tourner. Cela peut être à l’échelle d’une
simple affaire criminelle, mais aussi de l’histoire d’un pays.
Le dernier roman de Dennis Lehane [Un pays à l’aube],
l’auteur de Gone baby gone et de Mystic River, semble bien relever
de ce projet…
Hervé Aubron, Le Magazine littéraire