Il faut reconnaître à Tony Hillerman le talent suprême de
l’embrouille […]. Tout cela, sans jamais donner le sentiment
laborieux de la reconstitution d’un puzzle dont toutes les pièces
nous seraient déjà connues. En fait, Hillerman nous fait le coup
du roman à l’indienne : les sons, les couleurs, les paysages, les
légendes importent tout autant que les péripéties de
l’enquête elle-même […]. Ellipses, effets de grossissement,
accélérations soudaines, toute la magie de Hillerman est issue de
cette nouvelle géographie littéraire où les différents
épisodes de la narration dessinent un relief saisissant, succession de
pics et de vallées, de champs d’ombre et de grottes, de rigoles
et d’aspérités rocailleuses […]. Grâce aux
Navajos, Tony Hillerman peut se targuer d’avoir inventé un genre
inégalable : le polar à résonance poétique.”
Bernard Géniès, Le Nouvel Observateur