«En bon Mexicain, Héctor Belascoarán Shayne n'était pas du genre à s'effrayer devant l'absurde. Il était mexicain et borgne, de sorte qu'il voyait la moitié de ce que voyaient les autres, mais de façon plus nette... Le pays était un vaste centre commercial pillé par des cavaliers de l'Apocalypse bidons et plus ou moins narcos, un supermarché dirigé par un Friedrich Nietzsche plus que bourré où tout n'était qu'apparence.»
Tout commence le jour où Monteverde, fonctionnaire de la ville de Mexico, vient trouver le détective Héctor Belascoarán Shayne pour résoudre un problème déconcertant : il reçoit sur son répondeur des messages émanant d'un ami défunt nommé Jesús María Alvarado ! C'est peu de dire que voilà un mort qui dérange. Non seulement il téléphone alors qu'il a été assassiné, mais il fait des révélations qui mettent en cause un certain Morales, éminence grise des mouvements d'extrême droite, et auteur de diverses exactions tant à Mexico qu’au Chiapas. Les méfaits de Morales étant revenus aux oreilles du sous-commandant Marcos grâce à des documents laissés par l'écrivain Manuel Vázquez Montalbán, le «Sup» dépêche son enquêteur Elías Contrarios dans le «Monstre» (alias Mexico) où il est chargé de prendre contact avec son collègue Belascoarán. Elías et Héctor ne seront pas trop de deux pour traquer l'insaisissable Morales. Cette quête sera pour eux l'occasion de déambulations surréalistes entre Mexico et le Chiapas. Ils croiseront au passage un transsexuel nommé Magdalena, un quatuor de personnages qui s'appellent Mai, Juin, Juillet et Août, une agente secrète de onze ans armée de chewing-gums laxatifs et apprendront, parmi bien d'autres choses, la vérité sur Oussama Ben Laden.
Paco Ignacio Taibo II et le
sous-commandant Marcos jouent avec tous les codes du feuilleton pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais derrière la fantaisie pointe en permanence la dénonciation. Corruption, injustice, malversations, emprisonnements arbitraires, assassinats, la litanie des maux qui gangrènent le Mexique semble interminable…
Paco Ignacio Taibo II
Paco Ignacio Taibo II est né en 1949 à Gijón, dans les Asturies, en Espagne. En 1958, sa famille, de tradition socialiste, émigre pour le Mexique quand il a neuf ans pour fuir le franquisme qui sévit en Espagne. En 1967, il écrit son premier livre mais ce n'est qu'en 1976 qu'il publie son premier polar Jours de combats, où il met en scène pour la première fois son héros, le détective Héctor Belascoarán Shayne. Il choisit le pseudonyme de Paco Ignacio Taibo II pour se différencier de son père, célébrité de la télévision mexicaine.
Il a écrit une quarantaine de livres, ainsi que des biographies de Che Guevara et Pancho Villa. En 2005, il écrit avec le sous-commandant Marcos le roman Des morts qui dérangent. En outre, il est président de l'Association internationale du roman noir et collabore activement à l'organisation de la Semana negra, festival de littérature et de cinéma de Gijón.