Quand, en 1901, à l'âge de soixante ans, Albert-Édouard (1841-1910) monte enfin sur le trône d'Angleterre, il s'est surtout signalé jusqu'alors par son goût immodéré des femmes, du jeu, de la bonne chère et de la chasse. La longévité de sa mère, la reine Victoria (1819-1901), l'enferme dans son rôle d'héritier de la Couronne, il secoue le conformisme d'un règne interminable, il scandalise par ses fréquentations, et impose son propre style flamboyant, celui d'un esthète et d'un épicurien dont on dit qu'il ne fera jamais un bon roi. Il n'en est rien. Ses adversaires n'ont pas compris qu'entre tradition et modernité, Édouard VII régénérerait l'institution monarchique en la libérant de la pesanteur de l'ère victorienne.
Fruit de la collaboration entre un universitaire français, Jean-Pierre Navailles (professeur de civilisation britannique àl'université de Paris XI, auteur de plusieurs ouvrages sur la période victorienne) et un journaliste londonien, Robin Buss (critique à The Independent on Sunday, traducteur de Balzac et Dumas), ce portrait intime cherche à offrir, Entente cordiale oblige, un point de vue franco-britannique sur le plus francophile des souverains anglais.