" Quelques mois après le brusque réveil qui l’avait ramené à l’époque d’Auschwitz, Moshe Bejski ressentit le besoin de rendre hommage à celui qui lui avait sauvé la vie. Il voulut que le devoir de mémoire ne s’appliquât pas seulement au mal, mais aussi au bien. "
Le nom de Bejski, né près de Cracovie en 1920, figurait sur la liste d’Oskar Schindler, qui évita une mort certaine à son millier d’employés. Émigré en Israël et devenu juriste, le rescapé cacha son passé à tous et à lui-même jusqu’en 1961, quand il fut appelé à témoigner au procès Eichmann. Il comprit alors qu’en s’efforçant d’oublier ses tortionnaires il avait aussi oublié son bienfaiteur.
En ces années où Simon Wiesenthal devint chasseur de nazis, Bejski, lui, entreprit de rechercher ces non-Juifs qui avaient sauvé des Juifs. Il devint membre puis président de la commission du mémorial de Yad Vashem, chargée de remercier ces héros.
Jusqu’en 1995, il se battit pour élargir la définition du " Juste parmi les nations ".
En se confiant à un journaliste, Moshe Bejski n’a pas seulement voulu honorer les vingt et un mille Justes recensés aujourd’hui pour la Seconde Guerre mondiale : il souhaite qu’on en reconnaisse d’autres, qui se sont distingués durant trop de génocides à travers le monde.
Gabriele Nissim
Gabriele Nissim, né en 1950, vit à Milan. Auteur de plusieurs documentaires sur la situation des Juifs et la résistance clandestine dans l’Europe de l’Est communiste, il écrit dans divers journaux, dont Il Giornale et La Corriere della Sera. Il est notamment l’auteur de L’Uomo che fermò Hitler (Mondadori, 2001), qui raconte comment Vladimir Pechev, vice-président du Parlement bulgare, s’opposa avec succès à la déportation de milliers de compatriotes juifs.
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