Un garçon de seize ans, exaspéré par la tyrannie de sa mère, fait une fugue. Elle s'appelle Agrippine. Il s'appelle Néron... Au sud de Rome, il gagne la demeure familiale d'Antium, où il est né, et, le soir même, il commence à écrire tout ce qu'il étouffe de ne pouvoir confier à personne, son amertume d'étranges rêves : ainsi commence le Journal de Néron.
Un an plus tard, l'adolescent est devenu le maître d'un empire qui s'étend de Londres jusqu'à l'Afrique, et de l'Espagne jusqu'à Jérusalem. Mais dans l'ombre de l'Empereur, Néron continue d'écrire. Plus que jamais il a besoin de faire se refléter dans un miroir complaisant, les événements majeurs de Rome et de sa vie intime. Y paraissent tous les visages qui le fascinent, celui de sa mère Agrippine, passionnément haïe, de Sénèque, le maître ambigu, de Burrhus, d'Octavie, de Britannicus... Y flamboient les amours, les fêtes somptueuses, les succès scéniques d'un homme fou de beauté. Y passent aussi, comme de grandes ombres, les déceptions, les amitiés trahies, l'agonie des conspirateurs et les fumées du grand incendie de Rome.
Ce journal est le récit de la lutte engagée, contre la laideur deu monde, par un garçon de seize ans qui a osé se reconnaître poète, et qui mettra toutes les forces de l'Empire au service de sa passion pour la beauté. Le peuple, qui l'acclame, voit en lui un dieu ; l'aristocratie, indignée, une monstruosité de la nature, dont il faut débarrasser Rome... Longtemps, le feu couve, puis les complots éclatent, se multiplient jusqu'au grand embrasement qui dresse, contre l'Empereur, les légions des provinces.
Contraint au suicide, Néron emporte son rêve dans les espaces d'une autre vie.