Rien, voilà à quoi son existence se résumait. Pas de boulot, pas d'argent, pas de petite amie. Il grappillait quelques pièces de monnaie à droite et à gauche, jouait au billard et buvait du mauvais whisky. Les jours se traînaient, gris, interminables, remplis de la douleur sourde des désirs refoulés. Jusqu'au jour où il la rencontra. Elle vint à lui, surgie du froid glacial et de la pourriture des ruelles étroites. Opulente, sensuelle et consentante, et brusquement, elle se retrouva entre ses bras, une traînée de bas étage qui mit sa vie en pièces et lui donna... Tout.
Publié en 1954 aux États-Unis, entre Sans espoir de retour et Descente aux enfers, La Blonde au coin de la rue est un constat désespéré sur la jeunesse de l'époque.
David Goodis
Romancier américain, David Goodis est né le 2 mars 1917, à Philadelphie où il est mort le 7 janvier 1967.
Après des études journalistiques, terminées en 1938, David Goodis devient auteur dans les « pulps » américains. Il publie son premier livre Retour à la vie, (Retreat from Oblivion) en 1938, et s'installe à New York. Il obtient le succès en 1946 avec son livre Cauchemar. L'adaptation de ce livre en 1947, sous le titre Les Passagers de la nuit avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, lui vaut d'être engagé par la Warner Bros comme scénariste à Hollywood. De retour à Philadelphie en 1950, il s'occupe de ses parents et de son frère, puis sombre dans l'alcool.
Oublié dans son pays natal, David Goodis doit son succès en France à l'adaptation de plusieurs de ses livres au cinéma, notamment de Tirez sur le pianiste par François Truffaut en 1960, dont c'est le deuxième long-métrage.